Bonjour Valérie et bienvenue chez Lecture-mania.
    Pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Bonjour Lecture-Mania, je m’appelle Valérie SIMON, je suis romancière très fantasy et nouvelliste fantastique et j’aime les cookies !

    Depuis quand écris-tu ?
J’ai commencé à écrire vers 9 ou 10 ans. J’aimais énormément lire, j’ai très vite commencé à écrire en m’inspirant de ce que je lisais. Au début, j’écrivais dans des carnets, puis je suis passée aux cahiers pour finir par réclamer à mes parents une machine à écrire. Lorsque je me suis mariée, mon patron de l’époque m’a offert en cadeau de mariage mon premier ordinateur.

    Combien de temps consacres-tu à l’écriture ?
C’est un travail à plein temps. J’écris tous les jours. Lorsque je suis en train d’écrire un roman, je passe facilement une douzaine d’heures par jour sur mon clavier. À cela se rajoute les temps de réflexion, de recherche de documentation. Même lorsque je n’écris pas, mes romans m’« habitent ». En gros, je me couche en pensant roman, je me réveille en pensant roman, je me promène en pensant roman… Parfois, c’est un peu embêtant, cela me rend assez étourdie sur tout ce qui concerne le quotidien.

    Quand tu as une idée, prends-tu des notes ?
Oui, bien sûr. Je prends beaucoup de notes, mais pas uniquement pour une idée. J’ai aussi besoin de noter les phrases qui me viennent à l’esprit à des moments incongrus (surtout la nuit), ou des informations qui me paraissent utile pour mon roman… Ainsi, je note beaucoup de recherches documentaires. Par exemple, quand je regarde une émission qui semble se rapporter à mon sujet, j’ai toujours avec moi un cahier et un stylo, au cas où un détail me paraîtrait intéressant.

    Sur quel support écris-tu ? (Ordinateur, cahier…)
J’écris mes textes sur ordinateur. Moi qui ai connu la machine à écrire avec son papier carbone et son blanc correcteur, franchement, je ne peux pas me passer de la souplesse d’écriture qu’offre l’écran. Par contre, j’écris la plupart de mes notes de façon manuscrite. Mais je me mets de plus en plus à noter des trucs sur mon téléphone.

    D’où te vient l’inspiration ?
De tout, de rien, de partout, d’ailleurs. L’inspiration est, à mon avis, un concept, un regard. Je ne crois pas que l’inspiration tombe comme ça sur les gens. Je crois que ceux qui en ont savent tout simplement mieux regarder que les autres. L’imagination se nourrit de notre environnement. De nos lectures, aussi, et de tout ce qui fait la culture et le savoir : peinture, musique, cinéma, musées. Je me nourris aussi de ce que je lis. Des romans en priorité, mais aussi beaucoup de documentations, d’essais. Je surfe sur le net, quel merveilleux outil. Je suis extrêmement curieuse. Je puise aussi dans mes souvenirs, surtout pour décrire des sensations ou des sentiments. Les choses qui, un jour, m’ont impressionnée se retrouvent plus ou moins fatalement dans un de mes textes.

    Combien de temps mets-tu à écrire un livre ?
Tout dépend de la taille du roman ! Là, en ce moment, je suis en train de terminer un roman qui dépasse le million de signes (jargon d’écrivain !), bref, ce sera un très gros roman d’au moins 600 à 700 pages… En avril, cela fera un an que je travaille dessus : recherche de docs, création du synopsis, écriture. C’est un travail très intense, très urgent aussi, parce que j’ai une hâte terrible d’avancer dans l’intrigue, de faire vivre à mes personnages tout ce que j’ai prévu pour eux, mais aussi parce que j’ai un deadline imposé par l’éditeur.

    Fais-tu beaucoup de recherches pour tes romans ?
Oui, beaucoup. Déjà parce que j’aime ça, je suis très curieuse de nature, beaucoup de choses m’intéressent et j’adore apprendre. Ensuite, je trouve que ça nourrit l’esprit. Lorsque le sujet est bien maîtrisé dans ses connaissances, l’écriture l’est également, l’histoire coule facilement, le style est moins chaotique. Je sais où je vais, c’est à la fois rassurant tout en permettant un dépassement de soi constant.

    Écoutes-tu de la musique en écrivant ?
Oui, et non. Je n’aime pas travailler dans le bruit, y compris avec de la musique. J’ai besoin de silence pour me concentrer, surtout quand j’entame un travail de relecture/correction. De plus, je lis mon texte à voix haute, je cherche à lui donner une musicalité propre, tous les autres sons sont donc des parasites à ce stade du travail.
Malgré cette façon de travailler quasi quotidienne, j’ai aussi besoin de temps en temps d’une ambiance pour asseoir une scène. Dans ce cas précis, la musique m’aide. Par exemple, j’ai récemment écrit une scène de tango entre deux personnages qui sont amoureux l’un de l’autre. Je l’ai écrite avec du tango plein les oreilles. J’en avais besoin pour le rythme, pour la description des instruments, pour l’ambiance sensuelle… La musique permet d’atteindre un stade de création qui forme une parfaite osmose avec mon ressenti et mon texte. Mon roman est truffé de moments de cette sorte : danses, mais aussi combats, actions, scènes d’amour.

    Quand tu commences à écrire ton histoire, la connais-tu déjà en entier ou bien tu improvises au fur et à mesure ?
Lorsque je commence une histoire, je la connais toujours en entier, sauf lorsque j’écris une nouvelle, où je laisse plus de place à l’improvisation. Dans le cas d’un roman, je commence par définir en quelques lignes l’idée principale, l’univers, les personnages. Puis j’écris un synopsis détaillé sur 3 à 4 pages. Je peux mettre 3 mois à le peaufiner. L’histoire doit parfaitement s’articuler, être logique et couler de source.
Une fois ce synopsis bien calé, je le découpe en chapitres, je fais des fiches personnages. Je travaille l’esthétique visuelle que je veux avoir en tête et hop, je me lance. L’histoire est donc parfaitement calée. Je connais le début, le développement et la fin. Du coup, l’écriture coule de source, l’inspiration est au rendez-vous. Je sais où je vais. Ce qui n’empêche pas de me ménager de petites surprises scénaristiques, de corriger une logique un peu bancale, d’approfondir l’univers esthétique. Et puis, soyons honnêtes, les personnages deviennent vite vivants et sont parfois assez despotes…

    Auteure de romans fantasy, fantastique, on peut retrouver ta plume dans les romans, Séismes ou le Tigre de Tarcoola . Peux tu nous les présenter ?
Séismes est un petit roman court qui parle de Bucarest et d’un vampire. Cette ville fascinante possède un univers souterrain où, actuellement encore, les plus pauvres se réfugient en créant une ville sous la ville. Mon héroïne est une journaliste qui arrive à Bucarest juste avant un terrible tremblement de terre. Elle se réfugie dans ces souterrains où, apparemment, un vampire fait de nombreuses victimes. Elle va enquêter.
Le tigre de Tarcoola est une romance historique sur fond d’aventure et de mystère. Mon héroïne est confrontée à un serial-killer en Australie à la fin du 19ème siècle, en pleine période de colonisation. Orpheline, elle vient à Tarcoola pour se marier. Deux hommes la courtisent, dans un pays rude, sauvage, étrange, où les colons n’ont qu’une seule envie, s’enrichir dans des mines d’opales, quitte à massacrer les aborigènes pour leur voler leurs terres.

    Penses-tu t'essayer à un autre genre ? 
Je déteste les étiquettes. Et j’adore mélanger les genres. J’écrirai sans doute plein d’autres choses, ne serait-ce qu’avec des nouvelles qui, à mon sens, permettent une plus grande liberté de ton.

    Quel est le personnage que tu as préféré écrire et pourquoi ?
Ah ha, je n’en sais fichtrement rien. En réalité, je crois que le personnage pour lequel j’ai toujours le plus de tendresse est le dernier. Après, j’avoue que j’aime bien le caractère bien trempé de Madeleine, dans le Tigre de Tarcoola. Ainsi que celui d’Alia, dans Coup d’État (qui devrait être réédité en septembre 2018).

    Quel est le personnage que tu as eu le plus de mal à écrire et pourquoi
Je n’ai aucun personnage ainsi, cela ne m’est jamais arrivé… Dans l’absolu, j’imagine que si je n’arrivais pas à écrire un personnage, et bien, je ne l’écrirais pas ! Pour moi, il est beaucoup plus difficile d’écrire certaines scènes. D’abord parce que certaines véhiculent des choses dures : un viol, un meurtre. Souvent, je sors de l’écriture d’une de ces scènes complètement exténuée moralement et physiquement.
D’autres scènes sont difficiles à écrire parce qu’elles ne sont pas passionnantes de base mais nécessaires à l’articulation de l’intrigue. Là, il faut ruser pour les rendre intéressantes et ça, ce n’est pas toujours facile.

    Quels sont tes autres projets ? As tu des sorties de prévu cette année ?
Normalement, si tout va bien, 2018, qui est une année d’écriture, sera aussi une année de publication. En premier, il y aura mon #projetsecret qui est prévu pour septembre. Je ne peux pas encore en parler, je peux juste dire que ce sera un très très très gros livre très romanesque, avec plein d’aventures et d’exotisme.
À la même période, Coup d’État sortira chez un nouvel éditeur. J’attends avec impatience de voir l’illustration de couverture. J’ai hâte, mais j’ai hâte !
Entre temps, j’aurai certainement plusieurs collaborations à des anthologies. J’aimerai aussi regrouper quelques textes pour un second recueil de nouvelles.
Enfin, côté écriture, je suis en train de finaliser mon #projetsecret, je j’ai prévu d’envoyer à l’éditeur fin mars. J’embrayerai ensuite avec le tome 2 de Coup d’État. Cette suite est déjà bien avancée. Elle a d’ailleurs reçu une aide à l’écriture du CNL (Centre National du Livre). Je suis très fière de ce projet, parce que c’est un projet de fantasy qui met les femmes à l’honneur.
De toute façon, pas de repos pour les braves : après ça, je commencerai certainement à écrire la « suite » de mon #projetsecret. Sans oublier une nouvelle idée qui me trotte dans la tête…

    Quels sont tes genres de lecture préférés ?
Je lis de tout. J’ai néanmoins une préférence pour les pageturners avec des personnages auxquels on s’attache. J’aime aussi découvrir un style plutôt littéraire et pouvoir me dire, waouh, c’est beau, c’est bien écrit. Néanmoins, si je devais résumer, je dirai que je préfère ressentir que réfléchir. Les idées peuvent m’intéresser, mais les sentiments m’émeuvent.

    Quel est le dernier livre que tu as acheté ?
La sorcière, de Camilla Laeckberg. C’est une autrice dont on parle beaucoup, et que je voulais découvrir. Pour l’instant, je suis assez surprise. Je ne m’attendais pas à ça.

    Quel est ton ou tes auteur(s) préféré(s) ?
J’aime beaucoup Joseph Kessel, Anne Golon, Jean-Christophe Grangé, Hector Bianciotti, Serge Brussolo, Stephen King… Parmi les auteurs plus SFFF, je citerai Mélanie Fazi, Pierre Pevel, Estelle Faye… sans oublier de nombreux classiques comme Jack London, John Curwood, Jules Verne, Conan Doyle, Pearl Buck…

 
Ton portrait chinois en 10 questions :
Si tu étais…

Un animal ?
Un loup.

Une couleur ?
Chaude.

Un film ?
Le tout premier King Kong.

Un livre ?
La bougainvillée, de Fanny Deschamps

Une sucrerie ?
Un flan au caramel

Une personne célèbre ?
Pierre Poivre, un botaniste explorateur.

Une fleur ?
La fleur d’un stapelia.

Un de tes personnages ? 
Alia (dans Coup d’État). Parce qu’elle est génialement douée pour tout. Elle a plein de pouvoirs. Et parce qu’elle cherche constamment son humanité.

Une saison ?
L’automne indien.

Une chanson ?
Should I stay or should I go, The Clash.

Un objet ?
Un couteau.

Un dernier mot pour tes lecteurs ?
Soyez heureux.