L'auteure Maloisel CHEVALIER donne des conseils d'écriture et termine son article par une interview de... moi ! Voici les questions qu'elle m'a posées :

Comment nait une histoire dans la tête de Valérie Simon ?
Bonjour Pepsie. J’aimerai répondre qu’une histoire nait dans ma tête grâce à une formule magique mais ce n’est pas aussi simple ! En fait, chacune de mes histoires est née d’une grosse envie, celle d’écrire quelque chose que j’aurai aimé lire. À partir de là, tout est possible. L’histoire se concrétise souvent autour d’une idée qui m’a interpelée dans un livre, dans un article de presse, dans une info glanée sur le web, dans une image aperçue à la télé, une émission culturelle, une visite au musée… J’ai un carnet rempli de toutes ces idées qui me traversent la tête. Je les engrange pour plus tard. Parfois, je les consulte lorsque j’ai envie d’écrire une nouvelle. Ou pas.

Commences-tu par rédiger quelques notes ? ou commences-tu par des recherches ? ou les deux ?
Tout dépend si j’ai déjà une idée précise de l’intrigue ou non. Si mon intrigue existe déjà, je la mets en forme puis je me documente de façon à lui donner du corps. Généralement, je fonctionne plutôt de manière inverse : je fais d’abord des recherches, en particulier en me promenant sur le web. J’accumule les infos, je me crée une sorte de book que je consulte régulièrement. Ce book rempli de notes et d’images me servira de fil conducteur tout au long de mon écriture.

Par exemple, pour écrire Le Tigre de Tarcoola, une série d’épisodes qui paraîtra à partir d’octobre en numérique, j’ai d’abord réfléchi à ce que je voulais, en l’occurrence une romance plus ou moins érotique. J’ai donc commencé par étudier ce qu’était réellement une romance, sa définition, ses codes, ses stéréotypes, ses univers récurrents. Une fois que ces données furent bien claires, j’ai déterminé ce que je voulais raconter, comment je voulais le raconter puis j’ai choisi l’endroit où je voulais que se déroule mon intrigue.

Comme je voulais mêler au sentimental pas mal d’actions et d’aventures, j’ai choisi un pays qui pour moi est emblématique : l’Australie. À partir de là, j’ai fait énormément de recherches, aussi bien géographiques, historiques, linguistiques, mythologiques… Je ne commence la rédaction de mon histoire qu’une fois que je maîtrise au maximum l’univers où je veux que mon récit évolue.

Comment se passe la rédaction ?
De façon très logique : je détermine ce que je veux raconter puis je fais un découpage sommaire des différentes actions/réactions. Je structure un chemin de fer avec précision, puis je me lance. J’ai besoin d’avoir ce fil conducteur car lorsque j’écris, mes idées se bousculent et ça deviendrait vite un grand n’importe quoi si je laissai mon inspiration totalement libre. Je m’arrange donc pour lui donner des garde-fous.

En ce qui concerne la correction as-tu un logiciel spécifique ou fais tu encore appelles aux bons vieux Bescherelle ?
J’écris dans Word que j’ai paramétré à ma convenance. Si j’ai un doute au moment de la rédaction, essentiellement sur le sens d’un mot que je veux utiliser, je fouille sur le web. J’ai Antidote mais j’avoue ne pas l’utiliser souvent… Comme je suis publiée chez des éditeurs, mon texte passe systématiquement entre les mains d’une correctrice professionnelle. Nous échangeons ainsi plusieurs fois, jusqu’à ce que le texte nous paraisse propre.

Une fois ton histoire terminée, est-ce que tu fais appelles à des bétas lecteurs avant d'envoyer auprès des maisons ?
Là aussi, ça dépend. J’ai une amie très chère qui, lorsqu’elle le peut, relie systématiquement mes romans. Elle corrige vite fait quelques fautes et, surtout, elle me donne son avis sur l’intrigue. Son ressenti est vraiment très proche du mien. Avec elle, impossible de tricher. Par contre, comme ce n’est pas son métier, elle n’a pas toujours le temps de plonger sur une lecture de plus de 400 pages. Comme c’est la seule personne en qui j’ai suffisamment confiance pour accepter d’être lue à ce stade, si elle n’a pas le temps, je m’abstiens et j’envoie directement à l’éditeur une fois que je me sens parfaitement sûre de moi.