Tiffany Legrand m'a interviewée pour son blog Les lectures de Princess Titi. Merci à elle !

1 – Quelques mots sur vous. Bien évidemment vous me dites tout ce que vous voulez.

Bonjour Princess Titi,
C’est avec grand plaisir que je me retrouve ici, à répondre à ces quelques questions. Je m’appelle Valérie SIMON, je suis romancière et nouvelliste. J’écris de l’imaginaire : fantasy, fantastique, science fiction, romance, aventures. Certains de mes titres flirtent avec l’horreur, d’autres sont nettement sensuels. La plupart du temps, mes personnages principaux sont des femmes au caractère bien trempé, qui vivent des aventures extraordinaires dans des mondes tout aussi extraordinaires. Je fais la part belle aux rapports humains et aux sentiments, j’explore les facettes de la monstruosité, de l’amour aussi, sans oublier une part d’action. J’aime inventer des mondes à la description élaborée, des mondes sauvages et naturels où le lecteur peut réellement s’immerger en même temps que mes personnages. J’aime aussi me promener dans des légendes ou autres mythes.

2 - Bibliographie complète à lire ici

3- Qu’est ce qui vous a inspiré vos romans ?? [Dites nous pour tous vos romans & nouvelles]

Je n’ai pas de source d’inspiration précise. Mon inspiration est le résultat de tout ce que j’ai vécu, lu, vu, appris, que j’ai emmagasiné dans mes souvenirs et qui reviennent ainsi au gré de mes besoins. J’ai toujours été une très grande lectrice. Mes lectures furent d’abord classiques mais cela me convenait parfaitement : Jack London, Curwood, Conan Doyle, Verne, Kessel furent mes auteurs favoris… Plus tard, je me suis orientée vers l’étrange et le fantastique : Stephen King, Poe, Tolkien, Frank Herbert, Lovecraft, Marion Zimmer Bradley, Tanith Lee, Ursula K Le Guin… Tous ces écrivains m’ont fait aimer les mots, les récits d’aventures, les page-turner, et m’ont aidée à développer mon besoin de raconter.

J’ai commencé à écrire très tôt, au début pour réécrire des histoires lues qui ne finissaient pas vraiment comme je l’aurai voulu ou qui ne mettaient pas en scène des personnages dans lesquels je parvenais à m’identifier. Je me suis vite prise au jeu. Depuis, je n’ai jamais cessé d’écrire.

Mon imagination s’alimente inconsciemment. Je suis une grande curieuse. J’aime apprendre, je suis constamment en train de me documenter sur un sujet ou l’autre. J’accorde beaucoup d’importance aux détails qui m’entoure, à des petits riens que personne ne remarque. Ma mémoire fonctionne un peu comme une éponge. Elle absorbe.

Bien sûr, j’ai des sujets de prédilections. J’aime découvrir la nature, la biologie, la faune, la flore, la géographie, les arts. J’arrive à pointer l’extraordinaire en toute chose, trouver le détail qui mérite qu’on s’y attarde : savez-vous qu’il existe une sorte de salamandre qui, pour se défendre, fait sortir ses côtes armées d’un dard qui, en passant au travers de sa peau enduite de poison, devient empoisonné ? Ce genre de détail alimente mon inspiration !

Ajouté à ça, j’ai déménagé de nombreuses fois. J’ai aussi pas mal voyagé et visité de nombreux lieux. Changer d’environnement force à poser un regard neuf autour de soi.

Durant mon enfance, je me souviens de longues balades dans les grandes forêts d’Alsace bossue en compagnie de mes cousins. Nous n’étions accompagnés par aucun adulte. Nous faisions ce que nous voulions et nous avons passé un temps fou à explorer des territoires « inconnus », à observer des animaux sauvages, à chercher la mûre ou le champignon. Nous avons entendu le brame du cerf, nous avons sauvé une buse à l’aile cassée, nous avons mangé des pommes vertes et remonté le cours d’un torrent jusqu’à sa source.

Au cours de ces aventures enfantines, nous tombions parfois sur des vestiges gallo-romains et des lieux avec des drôles de noms : Teufelstisch (la Table du Diable), Haxahus (la Maison de la Sorcière), Hexenkessel (le chaudron de la sorcière)… Toutes ces expériences enfantines se sont accumulées en moi, pleines de sensations, de souvenirs, d’odeurs, de goût, d’images…

Très vite, j’ai été fascinée par la mythologie, les contes et les légendes, les grands mythes sociétaux, les mystères ou les énigmes, la religion, le fanatisme, la violence. La région de mon enfance est riche de ces références mystérieuses, qui font appel au Diable, aux Fées, aux Dames Blanches et aux Sorcières. C’était, bien sûr, une porte ouverte pour mon imagination par laquelle je me suis très vite engouffrée.

4- Qu’est ce que vous aimez dans ce métier ?? Et qu’est ce que vous n’aimez pas ??

J’apprécie en tout premier la liberté que ce métier me procure. Liberté d’horaires, liberté d’organisation, liberté de délais, liberté d’écriture, liberté des sujets. J’adore créer des mondes de A à Z, de l’écosystème aux sociétés qui y vivent.

Pour cela, je passe des heures à compiler de la documentation. Même pour une nouvelle qui peut paraître anodine, je me documente énormément. Je cherche. Je réfléchis. Je lis plein de magazines, je surfe dans les recoins d’internet.

Arrive le moment tant attendu : concevoir un nouveau récit. Là, c’est carrément passionnant : penser à l’histoire dans sa globalité, puis dans ses détails. Elaborer un plan structuré, décrire des personnages, leur mode de vie, leurs physiques, leurs caractères. Construire des moments-clés, découper le récit en scène, donner du rythme. Accorder vie aux images que j’ai dans la tête…

S’ensuit le premier jet, qui est un moment particulier, que j’aime et que je déteste à la fois. Ce moment d’écriture est paradoxal. J’apprécie énormément de « sortir » une nouvelle histoire, c’est quand même un super kif ! En même temps, je suis tellement animée par une sorte de frénésie, de hâte détestable, que j’ai toujours un peu peur de m’y plonger. C’est un moment où je ne suis pas sereine. Je me bats contre le temps qui passe trop vite, contre le quotidien, les horaires, la fatigue.

Vient ensuite le travail de relecture.

Ça, j’adore ! Revenir sur mon texte, le « sculpter » en quelque sorte, le corriger, chercher la sonorité parfaite, le sens impeccable, répéter, recommencer… J’aime brasser les mots.

Un autre moment génial, la fin. Là, j’euphorise ! Je saute partout, je fais la folle, ma famille me regarde avec désespoir. Par contre, cela ne dure pas très longtemps. Bien vite arrivent les moments stressants : la première lecture de la béta-lectrice et la lecture de l’éditeur. Puis la sortie en librairie. Si ces moments sont géniaux car très excitants, ils sont aussi très effrayants.

Puis commence la promo. J’avoue, j’aime beaucoup présenter un nouveau titre. J’aime dédicacer. Rencontrer mes lecteurs est une vraie récompense. J’aime discuter avec eux. Pour moi, le plus extraordinaire est de rencontrer un lecteur qui m’a lue des années auparavant et qui a été particulièrement touché par mon texte. Certains aiment lire grâce à moi ! C’est quand même super méga géant ! J’en suis toujours tellement ébahie, touchée, émue. Ces moments-là sont particuliers, privilégiés, d’une richesse folle en émotion. Ils sont merveilleux à vivre.

Finalement, la seule chose que je déteste vraiment, c’est l’administratif. Ça, clairement, c’est beurk !!!!