Gaëlle Dupille :
Valérie, vous êtes l'auteur de "Yanis Déesse de la Mort" aux Editions du Riez. Quel est le sujet de ce roman ?
Valérie Simon : Yanis Déesse de la Mort est le premier tome d’un cycle de fantasy qui suit le parcours initiatique et les aventures merveilleuses d’une jeune fille dont le destin est forgé par une prophétie.
Cette prophétie annonce que l’Innommable, seigneur des ténèbres prisonnier depuis des millénaires dans une tour construite par les Mages des Temps Anciens, œuvre à nouveau pour reprendre le pouvoir et asservir le monde des lumières. Pour se libérer de sa prison, il a besoin d’une pierre magique qu’un enfant né de deux races ennemies, Elfes et Démons de Rhynantes, sera également capable de maîtriser.
Le roman se déroule donc dans un monde peuplé de créatures formidables, où les forêts profondes sont gouvernées par des Elfes ou des Licornes, où les ravins sont parcourus par des Loups Garous, des Vampires ou des Lamies, où les déserts sont peuplés de Dragons et où les métamorphoses sont de rigueur. Chaque élément naturel, arbre, rocher, cours d’eau, possède sa fée. Et les Magiciens de Lannilis sont ceux dont le savoir permet de magnifier ces fluides magiques.
Dans un tel contexte, tout le monde attend un puissant guerrier capable de briser la malédiction de l’Innommable à grands coups d’épée. Personne n’imagine que l’héritier de la pierre d’Arkem est en réalité une jeune fille de seize ans dont la seule force nait de la double ascendance qui coule dans ses veines. Personne, sauf un jeune Magicien qui, rencontrant la jeune fille et devinant immédiatement les pouvoirs grandioses qui sommeillent en elle, fera tout pour se l’attacher, la dirigeant dans un maelström d’aventures tout en la protégeant au mépris de sa propre vie, la poussant ainsi vers un inéluctable dont personne ne sait si elle parviendra à se relever impunément.
Chaque tome du cycle narre une partie de la vie de cette jeune héroïne que des pouvoirs surnaturels érigent, face à des yeux d’Hommes Mortels, en déesse invincible.
Le calendrier de parution est le suivant :
* Sinièn, déesse de la vie, parution en janvier 2013,
* Tahnee Sharn, déesse de l’alliance, parution en mai 2013
* Morwen, déesse de l’amour, parution en septembre 2013, avec toujours des illustrations de couverture faites par David Lecossu.

GD : Vous avez participé à notre AT d'août sur le thème des zombies avec "La Vénus du quartier des Platanes", qui a rencontré un vif succès auprès de nos lecteurs. Vous arrive-t-il souvent de participer à des AT pour des magazines ?
VS : J’aime beaucoup participer à des AT et j’essaie de le faire le plus souvent possible. Lorsque je suis sur un projet de longue haleine (je termine actuellement un planet-opera de plus de 800 pages), participer à des AT représente une pause agréable. C’est une façon de me changer les idées, de respirer un autre air que celui de la planète que je suis en train de décrire.
Je m’amuse beaucoup à m’aventurer dans des sujets imposés, dont les règles sont généralement très strictes. Certains thèmes m’inspirent immédiatement (ce fut notamment le cas pour La Vénus du quartier des Platanes). Ils représentent un challenge que je juge toujours intéressant parce que cela me permet de me diversifier, d’entrer dans des domaines que je n’aurai pas forcément eu l’idée d’explorer. On passe du zombie au loup-garou, on saute de la fantasy à la science-fiction, on s’aventure dans le moyen-âge, dans une réalité historique qu’on ne connaissait pas… Je suis parfois obligée de me documenter au préalable, c’est bon pour ma culture générale !
Et puis, ces petites histoires qu’on finit vite (à la différence du gros roman sur lequel je travaille pendant des mois) sont vite gratifiantes car il y a rapidement un retour des lecteurs, c’est tellement encourageant et sympathique ! Tellement bon pour le moral...

GD : "Yanis Déesse de la Mort" n'est pas votre première œuvre littéraire. Quels sont les autres romans ou nouvelles dont vous êtes l'auteur ?
VS : En réalité, Yanis déesse de la mort est mon premier roman ! Actuellement, les Editions du Riez proposent une réédition après une première parution au Fleuve Noir de 1997 à 1999. Simultanément, j’ai publié des nouvelles : Histoire de Razörod le serpent dans l’anthologie « Fantasy » parue également au Fleuve Noir, Le Loup, pour l’anthologie « Cosmic Erotica » chez J’ai Lu, sortie pour la St-Valentin de l’An 2000.
Plus récemment, il y a eu Blanche dans la lumière du printemps, un texte paru dans un fanzine sensuel sur le thème des Amours au Moyen-Age édité par Piments et Muscade.
Puis je suis arrivée troisième dans un concours lancé par la Mairie de Chalabre sur le thème de la sorcellerie avec mon texte Le sourcier et la jeune fille au bord du gouffre, actuellement disponible dans l’anthologie éditée par Rivière Blanche intitulée « L’antre des sorciers ».
Et bientôt en librairie, déjà disponible en précommande, l’anthologie de Science-Fiction édité par Voy’El : « On a marché sur… » avec mon texte intitulé Le monde que nous attendions.
Je viens également d’apprendre que je fais partie des dix textes sélectionnés pour un recueil lancé par le salon du livre des Pays de l’Ain, à Attignat, sur le thème de la fin du monde. Avec un peu de chance, mon texte intitulé Eau-Killer, peut encore se retrouver sur le podium. Donc, je croise les doigts !
D’autres histoires sont prévues pour bientôt, celle d’un fantôme à la tête coupée ou celle d’un joueur de hockey sur glace qui rencontre un troll…
En parallèle, je travaille sur deux gros projets… Le premier est un roman de Fantasy pour lequel il me reste à peaufiner quelques chapitres ; le second, j’en ai déjà parlé ci-dessus, est un énorme planet-opera rempli de péripéties, de plantes carnivores et d’animaux suceurs de sang pour lequel j’ai reçu une aide à l’écriture de la région Rhône-Alpes. J’aimerais beaucoup qu’il sorte fin 2013.

GD : Avez-vous des techniques particulières pour trouver l'inspiration ? Pour imaginer l'histoire de votre dernier roman, par exemple, comment avez-vous procédé ?
VS : J’ai la chance d’avoir beaucoup d’imagination et mes histoires sortent très facilement. Evidemment, il m’arrive de buter sur un passage, mais c’est généralement parce qu’il s’agit d’un moment de transition… Pour le reste, broder des détails ou décrire des paysages, me lancer dans une scène d’action, vraiment pas de problèmes !
Par contre, cette inspiration doit être régulièrement nourrie : je lis beaucoup de magazines, j’essaie de me documenter sur de nombreux sujets (sciences, botanique, zoologie, géographie, histoire, sociologie, mythologies diverses, religions…) Je m’inspire également de ce que je vis, de ce que j’entends ou vois. Je suis très curieuse de tout. Parfois, il m’arrive même de prendre des notes lorsque je suis en train de regarder une émission de télé.

GD : Ecrivez-vous plutôt le jour ou la nuit ? Dans le silence total ou en musique ?
VS : J’écris plutôt le jour, de préférence tôt le matin. C’est un moment que j’adore, un moment en devenir, je regarde le soleil se lever, les ombres disparaître… Tout est encore calme et comme neuf. Je me sens bien.
Evidemment, lorsque je suis emportée par l’inspiration, je n’ai pas de préférence : les mots me gouvernent, je peux écrire n’importe où, n’importe quand. Le plus difficile est finalement de devoir m’arrêter à cause d’impératifs biologiques contre lesquels je ne peux évidemment pas lutter, en particulier préparer les repas de ma petite famille !
Sinon, question silence ou musique, cela dépend de ce que je suis en train d’écrire… Lorsque je suis au premier jet d’une histoire, j’aime bien le faire en musique, pour me mettre dans une ambiance particulière.
Par contre, lorsque je suis au stade corrections, là, j’ai besoin d’être très concentrée et je ne supporte pas le bruit. Surtout que je travaille beaucoup la musicalité de mes phrases et que je les relis à voix haute jusqu’à ce que je sois satisfaite de leurs sonorités.

GD : Vous souvenez-vous du jour où vous avez décidé de devenir romancière ?
VS : Non. Ce ne fut pas une décision consciente ou volontaire… J’ai toujours écrit, et ce depuis mon plus jeune âge. Je n’ai donc jamais décidé de faire quelque chose que je faisais de toute façon… Et puis, l’aspect économique de tout travail artistique ne prédispose pas forcément à le programmer en tant que métier. C’est avant tout une passion. D’ailleurs, j’ai mis très longtemps à me présenter à mon entourage comme auteure ou romancière… Maintenant encore, un reste de timidité…
 
GD : Lorsque vous étiez adolescente, aviez-vous déjà des aptitudes marquées pour l'écriture ?
VS : Oui. Très petite, je lisais puis j’écrivais des textes inspirés de ces lectures… Entre dix et douze ans, j’inventais des histoires à rallonge que je couchais sur de multiples carnets.
En fait, écrire était surtout une réaction à mes lectures : j’étais tout le temps frustrée par ce que je lisais. Je ne me retrouvais pas entièrement dans les histoires que je parcourais. Souvent, les romans qui me plaisaient le plus étaient écrits par des hommes pour des hommes… Il me manquait donc quelque chose : je suis très romantique, très fleur bleue. J’aime les grands sentiments, l’amour et la sensualité, des choses qui sont généralement absentes de la littérature d’action. Il fallait donc que je pallie à ce manque !
 
GD : En tant que lectrice, vers quels genres et auteurs vont vos préférences ?
VS : J’aime bien la science-fiction, les romans d’aventures, les grandes épopées, les contes et légendes, les romans historiques. J’aime ce qui dépayse, ce qui fait rêver. J’aime les vrais héros, les histoires qui finissent bien. J’aime les polars, les thrillers, les romans scientifiques ou d’espionnage, là où il y a beaucoup d’action… Et aussi les histoires d’amour. Bref, tous les textes qui font qu’on s’évade du quotidien. Je n’ai pas beaucoup de culture littéraire. J’aime avant tout avoir du plaisir. Etre divertie… Tant mieux si ça interpelle en plus !
Comme tout le monde, j’ai lu Franck Herbert et Tolkien… J’ai grandi avec Jules Verne, Kessel, Jack London, la bibliothèque rose et verte, Arsène Lupin, Sherlock Holmes et Bob Morane… Je relis régulièrement mes lectures « adolescentes » comme Angélique d’Anne Golon ou La Bougainvillée de Fanny Deschamps, rien que pour me mettre de bonne humeur (ça, ça va faire hurler de rire les garçons !).
Côté grands sentiments, je m’éclate aussi dans le Gerfaut des Brumes ou la Florentine de Juliette Benzoni tout en adorant La guerre contre le Rull de A.E. van Vogt, la majorité des H.P. Lovecraft, L’armure de vengeance de Serge Brussolo, Le Vol du Dragon de Anne McCaffrey.
J’aime les Jean-Christophe Grangé et plusieurs Robin Cook, certains Stephen King, certains Pierre Bordage… J’ai eu du mal à entrer dans Terreur de Dan Simmons mais finalement je ne l’ai plus quitté. Et le dernier livre qui m’a agréablement surprise, c’est La lionne de Katherine Scholes, où il ne se passe pas grand-chose mais dont le texte laisse tout de même une jolie impression… En fait, je reconnais que j’ai la culture des livres très populaires… (et pas trop intello !). Mon credo : du plaisir, du plaisir, et encore du plaisir !
 
GD : Quelle est votre actualité pour cette fin d'année 2012 ?
VS : En ce moment, j’assure surtout la promotion de mes ouvrages actuels : « Yanis déesse de la mort », sorti le 1er septembre aux Editions du Riez, « L’antre des sorciers » sorti fin août chez Rivière Blanche et « On a marché sur… » aux Editions Voy’el, qui est arrivé fin septembre en librairie avec toute une série de dédicace et de rencontres.
J’ai été présente sur Lyon (Chapitre.com, Temps-Livres, Trollune…), sur Grenoble (O’Merveilles), sur Villeurbanne (avec le salon jeux et imaginaire Octogones), sur Attignat (salon du livre des pays de l’Ain) et sur Oullins (dans ma librairie de quartier, Spirale, le 20 octobre), j’aurai bientôt une date pour Dijon (Ciel Rouge) et pour Strasbourg (certainement début novembre) et sans aucun doute d’autres sur Lyon.
Je pense également me rendre à la convention Zone Franche, à Bagneux (Paris en février) et à Trolls et Légendes (Mons, Belgique en mars) en attendant Les Imaginales, à Epinal (en mai).

GD : Où peut-on vous contacter ou en savoir plus sur vos écrits ?
VS : Je suis sur Facebook. N’hésitez pas à rejoindre mes amis !

Pour notre plus grand plaisir et le vôtre, retrouvez une nouvelle inédite de Valérie Simon dans la rubrique "Histoires d'Halloween" de ce numéro L'imaginarius Histoires d'Halloween