Interview du jour sur le site Fantasy en Beaujolais

Votre biographie (officielle):
Née en Alsace où traditions et légendes s’entrecroisent, Valérie SIMON aime tellement les fées qui parlent aux ruisseaux qu’après une Maîtrise en Arts Plastiques et un Diplôme en Communication Audio-visuelle elle décide de réécrire le monde en imposant sa propre vision romanesque peuplée d’héroïnes intrépides évoluant dans l’univers de la Fantasy.
Publiée dès 1997 au Fleuve Noir et chez J’ai Lu, elle se consacre exclusivement à l’écriture depuis 2012 en revenant dans l’actualité de l’imaginaire avec la réédition de son cycle, Arkem la pierre des ténèbres, aux Editions du Riez.
Installée en France, près de Lyon, après un séjour de six ans à Bruxelles, elle collabore à différentes anthologies en proposant des textes courts qui parlent de sorcellerie ou de monstres tapis dans les imaginaires collectifs, entre mythes et créatures de légende. Ses écrits sont légers et visuels, parfois sensuels, parfois poétiques, toujours remplis d’évasion.
En mai 2015 sortira aux Editions du Riez son prochain roman, Coup d’Etat, premier tome d’un nouveau cycle de Fantasy : La reine des esprits. En juin 2015 sera publié aux Editions Bragelonne son premier recueil de nouvelles : Cœur à corps.
Inscrite à La Charte des Auteurs et Illustrateurs Jeunesse, elle propose des rencontres en collège et lycée.

Votre autobiographie avec vos mots pour vous définir :
Bonjour, je m’appelle Valérie et j’écris.

D'où vient votre envie d'écrire?
Très tôt, j’ai beaucoup lu, en priorité du fantastique, de la science fiction et des récits d’aventures. Or, la majorité de ces histoires très « hommes » étaient écrites par des hommes. Il me manquait quelque chose… peut-être le fait que le héros ne soit jamais une héroïne ? Alors j’ai écrit.

Quelle est votre principale source d'inspiration?
La curiosité.

Votre roman préféré:
Je choisirai celui qui m’a le plus marquée : Le Seigneur des Anneaux (Tolkien). Lorsque je suis tombée dedans, j’ai lu les trois tomes d’une traite, en « oubliant » d’aller en cours à la fac.

Votre auteur préféré:
Difficile de n’en choisir qu’un ! Pour le style littéraire, j’irai vers Joseph Kessel. Ses descriptions sont des poèmes dont je ne me lasse pas. Par contre, mon cœur d’artichaut choisirait aussi Anne Golon. Elle a réussi à marquer beaucoup de femmes de ma génération en inscrivant dans le caractère même de son héroïne les messages qu’elle voulait faire passer. Je l’ai rencontrée lors d’un déjeuner l’année dernière. Ce moment fut extraordinaire, très interpelant. J’y pense souvent.

Quel personnage de livre aimeriez-vous être?
J’aurai aimé être Jeanne Beauchamps, l’héroïne de La Bougainvillée, de Fanny Deschamps. C’est un roman historique léger et épicurien. L’héroïne est à la fois très indépendante, et très ingénue. Adorablement attachante. Elle modèle sa vie à sa convenance, s’arrange pour faire ce qu’elle veut, quand elle veut, tout en demeurant une grande amoureuse. Elle côtoie des savants, elle herborise dans la Dombes et dans les îles. Et elle rencontre un superbe corsaire. Qui sent trop bon la fleur d’oranger. C’est un livre sans prétention. Qui rend heureux de vivre. J’adore ça, les livres qui rendent heureux de lire et de vivre.

Lisez-vous beaucoup?
Je lis énormément. Pas toujours évident, avec mon emploi du temps, alors je picore du temps par ci par là mais j’y arrive toujours. Je lis de tout partout, même en voyage ! Je suis attirée comme un aimant par les étagères pleines de livres, les bibliothèques. J’ai un sixième sens pour trouver des livres dans une maison…

Pourriez-vous vous passer d'écrire?
Non. Ecrire fait partie de ma nature. Du plus lointain que je me souvienne, j’ai écris.

Avez-vous un rituel d'écriture?
Je ne crois pas. Je peux écrire partout, n’importe où. Mais à choisir, je préfère pouvoir regarder dehors. Et pouvoir boire du thé.

Avez-vous eu des anecdotes de lecteurs qui vous ont marquées?
Oh, oui, plein ! Des drôles, des décalées, des adorables… Parfois, des personnes s’arrêtent devant mes livres en me demandant si je suis LA Valérie Simon qu’ils ont déjà lue, puis ils se mettent à rire et sautiller de joie en me disant qu’ils avaient adoré, qu’ils en avaient gardé un souvenir si extraordinaire, si merveilleux. J’en suis à chaque fois tellement émue que j’en pleure presque.

Etes-vous sensible à la critique littéraire?
Bien sûr. Être écrivain, c’est aussi guetter l’empathie avec ses lecteurs. Lorsqu’un texte est écrit, il nous reste uniquement ce partage de lecture pour le rendre vivant. On voudrait s’en séparer, et pourtant, on ne peut pas. C’est assez étrange.

Qu'éprouvez-vous avant la sortie d'un roman?
Beaucoup de choses contradictoires ! De l’impatience, de la crainte, de la joie, de la fierté et aussi de l’étonnement et du regret. Mon roman s’est détaché de moi. Maintenant, il ne m’appartient plus, il appartient à chaque lecteur. C’est flippant et si exaltant.

Un film qui vous a marqué:
Ah, celui qui fut LE premier à me mettre une grande claque : L’empire contre-attaque, de la trilogie Star Wars. Je m’en souviendrai toute ma vie. La salle était bondée, très excitée. Au fur et à mesure que le film se déroulait, le public réagissait incroyablement. Je n’ai jamais ressenti autant de communion entre un film et son public. C’était magique, merveilleux. A la fin, tout le monde s’est levé du même élan pour applaudir. On en parlait avec vos voisins, alors qu’on ne les connaissait même pas. Après, j’ai pris une option cinéma dans mes études en Arts Plastiques.

Aimeriez-vous que vos écrits soient adaptés au cinéma?
Oh, que oui ! En plus, j’adorerai participer au projet, voir le film se créer de l’intérieur, découvrir comment on passe d’une pensée à une image. Evidemment, c’est une utopie. Alors je me fais mon propre cinéma via mon écriture. Mes scènes sont très visuelles. Et mes actions sont découpées un peu comme dans un scénario, le lyrisme en plus. Enfin, c’est ce que je me plais à croire.

Avez-vous d'autres passions que l'écriture?
J’aime créer : peindre, sculpter, fabriquer des objets artisanaux, cuisiner. Observer la vie et le vivant. Je passe des heures dans mon jardin, et regarder les choses pousser. Mon jardin est nomade. J’ai toujours eu des balcons ou des terrasses. Alors, une bonne cinquantaine de pots me suit dans tous mes déménagements. Mes deux fils ont chacun un arbre dédié à leur année de naissance. Ça commence à faire de beaux arbres.

Des projets en cours?
Des concrétisations, surtout, puisque 2015 est pour moi une année de parution. Un roman, Coup d’Etat, inaugure un nouveau cycle de fantasy : La Reine des Esprits, aux Editions du Riez. Un premier recueil de nouvelles, Cœur à corps, sortira en juin chez Bragelonne. Une novella, Séismes, suivra sous peu aux Editions Rebelle, dans une anthologie intitulée : A la recherche de Dracula. Enfin, quelques nouvelles paraîtront dans diverses anthologies (au programme, du western, des sortilèges, des vampires, des gargouilles, un gisant de pierre…)
Côté écriture, je suis en train d’écrire une histoire qui devrait être proposée en épisodes et je pense beaucoup à un second recueil qui regrouperait des textes romantico-sensuels. Je planche également sur le tome 2 de La Reine des Esprits, prévu pour 2016, toujours aux Editions du Riez.

Questions bonus:
Quelque-chose qui vous touche:
L’extraordinaire de la vie.

Quelque-chose que vous détestez:
L’intolérance et la malveillance. Les actes violents. La sournoiserie.

Quelle est la qualité que vous préférez chez les autres?
L’empathie.

Quel est votre principal défaut?
Une certaine forme de naïveté.

Vos héros dans la vie réelle?
Les artistes, les scientifiques, ceux qui sont habités par une passion créatrice. J’ai souvent l’impression qu’il existe deux sortes de personnes : ceux qui détruisent, et ceux qui construisent. J’admire ces derniers.

Votre plat préféré?
Une glace.